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Programme de stabilité de la France 2010-2013: le grand bluff des chiffres ? - 2 - |
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s’ajoute le vieillissement de la population, la tendance pour les trois prochaines années est plutôt à l’accélération des prestations sociales. Mais une réduction drastique des dépenses publiques, notamment de protection sociale, risquerait d’augmenter les inégalités, et pèserait sur le pouvoir d’achat des ménages et donc sur l’activité. Dans ce contexte, la prévision de croissance du PIB de 2,5 % par an paraît particulièrement optimiste. En effet, avec une impulsion budgétaire négative de 1,4 point de PIB par an, cela suppose une croissance spontanée de l’économie de près de 4 % par an pendant trois ans. Dans le programme pluriannuel des finances publiques de l’automne 2009, le gouvernement tablait également sur une croissance à 2,5 % par an mais avec une réduction du déficit structurel de « seulement » 2,5 points de PIB en trois ans (soit 0,8 point de PIB par an) contre 4,2 points dans le dernier programme de stabilité. La différence d’impulsion budgétaire de 0,6 point de PIB par an serait sans impact sur le scénario de croissance. La prévision du PIB ne semble pas issue d’un scénario macroéconomique bouclé et cohérent.
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La crise économique a conduit à une détérioration sans précédent des comptes publics depuis la Seconde Guerre mondiale. La politique économique doit viser à rétablir la situation des finances publiques à moyen terme tout en préservant la croissance et l’emploi. Or, dans le passé, la réduction du déficit public a toujours eu lieu durant les périodes de forte croissance. Vouloir réduire à tout prix le déficit public en période de croissance fragile pourrait freiner l’activité et augmenter le chômage sans avoir les effets escomptés en matière de finances publiques. Au regard des expériences passées, l’ampleur prévue de la réduction du déficit structurel est considérable. La politique prévue ne devrait pas s’exonérer d’une véritable réflexion sur les conséquences économiques et sociales d’un tel ajustement budgétaire ; elle pose la question de la répartition des efforts budgétaires entre les agents économiques, que ce soit par la fiscalité ou la réduction de la dépense publique. S’il veut être crédible, l’objectif de réduction des déficits publics ne peut être dissocié d’un projet concret de réforme fiscale ou d’un projet de refonte de notre modèle social.
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