1 France: situation économique actuelle

1.1 Bilan depuis le début des crises



6 ans après :

  • PIB de la France (+6,1 %), légèrement inférieur à celui de la ZE (+7,1 %) mais au-dessus de l’Allemagne (0,7 %)

  • Forte divergence avec les US (+15,3 %)



A l’horizon de la fin 2027, l’écart entre la ZE et la France s’accroîtrait

1.2 La croissance résiste en 2025

1.3 La France maintient un excédent financier sur l’extérieur malgré ses déficits publics élevés





  • Une nette dégradation de la situation financière publique

  • Une capacité de financement des ménages très élevée

  • Malgré les crises et la hausse du déficit public, la situation financière de la Nation s’est améliorée entre 2018 et 2025

1.4 Nowcasting : une croissance du PIB de 0,2 % au 1er trimestre

2 Prévisions 2026-2027 : Quel impact des chocs macroéconomiques sur la croissance ?

2.1 Principales hypothèses en prévision


Energie :

  • 2 scénarios :
    • Central (issue rapide au conflit : choc transitoire) :
      • Prix du baril en moyenne à 91 dollars au 2ème trimestre 2026, revient progressivement à 70 dollars
      • Prix du gaz TTF passerait en moyenne de 37 € le Mwh en 2025 à 46 € en 2026 (avec un pic à 50 € au 2ème trimestre 2026), avant de retomber à 36 €
    • Sévère (escalade dans le conflit : choc plus intense et durable) :
      • Prix de baril proche de 150 dollars au 2ème trimestre 2026, puis durablement au-dessus de 100 $
      • Prix du gaz à 86 € en 2026 et 73 € en 2027


Politique budgétaire :

  • Loi de Finances 2026 : Impulsion budgétaire primaire de -0,7 point de PIB en 2026
  • En 2027, hypothèse de conformité avec les règles européennes : Impulsion budgétaire primaire de -0,8 point de PIB en 2027


Politique monétaire et taux de change :

  • Stabilité du taux directeur (dans le scénario central) et hausse de l’€/$ de 1,18 à 1,25

2.2 Energie, politique budgétaire et incertitudes : les vents contraires sur la croissance

En points de % du PIB 2024 2025 2026 2027
Croissance hors chocs  1,5  1,6  1,6  1,5
Politique monétaire et taux −0,6  0,1  0,3  0,2
Politique budgétaire nationale  0,5 −0,4 −0,5 −0,6
Energie −0,1  0,1 −0,2 −0,1
Incertitude globale −0,2 −0,5 −0,3 −0,1
dont incertitude liée à la politique nationale −0,1 −0,3 −0,2 −0,1
Effets liés au commerce mondial  0,1  0,1 −0,1  0,0
dont politique budgétaire des partenaires −0,2  0,0  0,1  0,0
Autres effets (approvisionnements, JO...)a  0,0 −0,1 −0,1  0,0
Croissance observée et prévue  1,1  0,9  0,8  1,0
a Effets sur les chaînes d’approvisionnements, impact des Jeux Olympiques de Paris, etc.
Note : La croissance hors chocs correspond à la croissance potentielle augmentée de la fermeture spontanée de l’écart de production. La somme des contributions des chocs et de la croissance hors chocs donne la croissance observée et prévue.
Sources : Insee, prévision OFCE avril 2026.

2.3 Choc énergie : le grand écart



2026 : un coût de −0,2 pt de PIB en 2026 (scénario central) à −0,6 pt (scénario escalade)


2027, l’impact s’amplifie : de −0,1 pt (central) à −1,1 pt (escalade), sous l’effet du choc énergie durable et du resserrement monétaire.

Scénario escalade : La croissance du PIB tomberait à 0,4 % en 2026 (avec un acquis de croissance à 0,5 % fin 2025) et à 0,0 % en 2027

2.4 Remontée de l’incertitude de politique économique nationale



Indice d’incertitude de politique économique pour la France par Baker, Bloom et Davis (2016)



Méthodologie pour l’évaluation : Sampognaro (2024)



Hypothèse : Dernier point connu : mars 2026. Pas de nouveau choc d’incertitude nationale en prévision mais prise en compte du fait que 2027 est une année d’élection présidentielle

2.5 Compte Emploi-Ressources : une stagnation de l’activité aux 2ème et 3ème trimestres 2026

en %
2025
2026
de 2025t3 à 2027t4
2025
2026
2027
T3 T4 T1 T2 T3 T4
PIBa  0,5  0,2  0,2 −0,0  0,1  0,4
0 0.54 −6.2E−03 0,5% 0,2% 0,2% 0% 0,1% 0,4% 0,3% 0,3% 0,2% 0,2%
  0,9   0,8   1,0
PIB par habitanta  0,5  0,1  0,1 −0,1  0,0  0,3
0 0.46 −0.088 0,5% 0,1% 0,1% -0,1% 0% 0,3% 0,2% 0,2% 0,1% 0,1%
  0,6   0,5   0,7
Consommation ménagesa  0,1  0,4  0,1  0,0  0,1  0,4
0 0.42 0 0,1% 0,4% 0,1% 0% 0,1% 0,4% 0,2% 0,3% 0,3% 0,1%
  0,4   0,7   1,0
Consommation publiquea  0,7  0,2  0,2  0,2  0,2  0,2
0 0.67 0 0,7% 0,2% 0,2% 0,2% 0,2% 0,2% 0,2% 0,2% 0,2% 0,2%
  1,7   1,2   0,9
FBCF totalea,b  0,8  0,3  0,2 −0,2  0,0  0,6
0 0.79 −0.24 0,8% 0,3% 0,2% -0,2% 0% 0,6% 0,4% 0,1% -0,1% 0,1%
  0,8   0,9   0,9
 dont : SNF-EIa  1,1 −0,1  0,1 −0,4 −0,0  0,9
0 1.08 −0.40 1,1% -0,1% 0,1% -0,4% 0% 0,9% 0,5% -0,2% -0,4% -0,1%
  0,2   0,5   0,7
           ménagesa  0,5  1,0  0,6  0,5  0,5  0,5
0 0.97 0 0,5% 1% 0,6% 0,5% 0,5% 0,4% 0,7% 0,8% 0,6% 0,7%
  0,8   2,3   2,6
           APUa,b  0,5  0,6  0,3 −0,7 −0,3 −0,1
0 0.57 −0.70 0,5% 0,6% 0,3% -0,7% -0,3% -0,1% 0% 0% 0% 0%
  2,2   0,6  −0,4
Exportationsa,c  3,1  1,0 −1,2  1,0  0,5  0,5
0 3.07 −1.20 3,1% 1% -1,2% 1% 0,5% 0,5% 0,6% 0,6% 0,6% 0,6%
  1,4   2,3   2,4
Importationsa,c  1,4 −1,1  0,1  0,5  0,5  0,6
0 1.43 −1.06 1,4% -1,1% 0,1% 0,5% 0,5% 0,6% 0,5% 0,5% 0,5% 0,5%
  3,0   1,2   2,1
Demande intérieurea,d,e  0,4  0,3  0,2  0,0  0,1  0,4
0 0.40 0 0,4% 0,3% 0,2% 0% 0,1% 0,4% 0,3% 0,2% 0,2% 0,1%
  0,8   0,8   0,9
Variations de stocksa,e −0,4 −0,8  0,4 −0,2  0,0  0,0
0 0.40 −0.81 -0,4% -0,8% 0,4% -0,2% 0% 0% 0% 0% 0% 0%
  0,6  −0,4  −0,0
Commerce extérieura,c,e  0,5  0,7 −0,4  0,2 −0,0 −0,0
0 0.68 −0.43 0,5% 0,7% -0,4% 0,2% 0% 0% 0% 0% 0% 0%
 −0,5   0,4   0,1
Inflationf  1,0  0,9  0,9  1,9  2,0  2,2
0 2.17 0 1% 0,9% 0,9% 1,9% 2% 2,2% 1,8% 1,1% 1,1% 1,2%
  0,9   1,8   1,3
Taux de chômageg  7,7  7,9  8,0  8,2  8,3  8,3
0 8.34 0 7,7% 7,9% 8% 8,2% 8,3% 8,3% 8,3% 8,3% 8,3% 8,3%
  7,7   8,2   8,3
Solde couranth   0,4
Déficit publich  −5,1  −4,8  −4,4
Dette publiqueh 115,6 118,3 119,8
Impulsion budgétairei  −0,8  −0,5  −0,6
a En volume, aux prix chaînés. b FBCF : Formation Brute de Capital Fixe ; APU : Administrations Publiques. c Biens et services. d Demande intérieure hors variation de stocks. e Contribution à la croissance du PIB. f Evolution de l'indice des prix à la consommation (IPC ou IPCH selon les pays). Pour les trimestres, glissement annuel (T/T(-4)) des prix. Pour les années, croissance moyenne annuelle des prix. g Au sens du BIT, en % de la population active. Pour les trimestres moyenne trimestrielle, pour les années, moyenne annuelle. h En % du PIB annuel, en fin d'année. i Variation annuelle du déficit public (APU) structurel, en points de PIB.
Sources : Insee, prévision OFCE avril 2026.


  • 2ème et 3ème trimestres : rebond de l’inflation et conséquences négatives sur la dynamique de consommation des ménages et l’investissement des entreprises


  • Fin d’année, décrue des prix de l’énergie (scénario central) et rebond de la croissance

3 Ménages et Entreprises

3.1 L’inflation marquée par la hausse brutale des prix de l’énergie

3.2 2 chocs avec des effets très différents sur les prix

3.3 Vers une baisse du pouvoir d’achat en 2026



\text{ } Baisse de -0,7 % du Pouvoir d’achat par UC en 2026…

  • Pertes d’emplois et stagnation des salaires réels, l’inflation surprise rogne le pouvoir d’achat des prestations, hausse de CSG sur les revenus financiers…

…et une stagnation en 2027 (+0,1 % par UC)

3.4 Taux d’épargne élevé mais baisse attendue

  • Baisse progressive de 1 point du taux d’épargne en deux ans (16,9 % fin 2027)
    • Baisse des taux réels et du revenu réel des ménages, normalisation de l’incertitude nationale…
    • Fin 2027, le taux d’épargne reste encore largement au-dessus de son niveau pré-Covid

3.5 Investissement des ménages repart à la hausse

  • Baisse des taux, hausse des volumes de nouveaux crédits à l’habitat
  • Reprise progressive des permis de construire et des m2 choises en chantier

3.6 L’investissement des entreprises entre deux eaux



+ Taux de marge résiste, hausse de l’investissement en services IC (numérique, IA), demande qui repart en fin d’année

- Evolution du coût du capital en dents de scie, hausse de la fiscalité sur les grandes entreprises, choc énergie

4 Evolution du marché du travail et cadrage budgétaire

4.1 Gains de productivité à venir

  • Hypothèses sur 2026-2027…
    • Fin des aides exceptionnelles et progression du coût du travail
    • Retrait progressif du soutien public à l’emploi (tendances 2026 prolongées en 2027)
  • …conduisent à rattraper une partie des pertes de productivité (par rapport à la tendance)

➡️ \text{ } La productivité par tête totale progresse de 2,6 % entre 2025 et 2027

4.2 Destructions d’emplois et hausse du taux de chômage

2025
2026
2025 
2026 
2027 
T3 T4 T1 T2 T3 T4
Evolution en milliers
Emploi salarié  −5   −24   −30   −75   −43   27   −62   −121   −50  
Marchand −12   −25   −29   −74   −42   28   −46   −129   −46  
dont politique de l’emploi −46    45   −18   −14    −2    8   −27    −27   −13  
Non marchand   7     1    −1    −1    −1   −1    −5     −4    −4  
dont politique de l’emploi  −9     2    −4    −3    −2    0   −14     −9    −4  
Emploi non salarié  21    23    18    18    16   16    79     67    64  
Emploi total  16    −2   −12   −57   −27   42    16    −54    14  
dont politique de l’emploi −55    47   −22   −17    −4    8   −40    −36   −18  
Evolution en %
Emploi total   0,1   0,0   0,0  −0,2   0,0  0,1   0,1   −0,2   0,1
Population active   0,2   0,2   0,1   0,0   0,0  0,1   0,7    0,2   0,1
Taux de chômage   7,7   7,9   8,0   8,2   8,3  8,3   7,9    8,3   8,3
Notes de lecture: Fin 2025 et en glissement sur un an, 16 000 emplois ont été crées, les destructions d’emplois salariés (-62 000) ayant été plus que compensées par les créations d’emplois non salariés (+79 000). Sur la même période, le taux de chômage représentait 7,9 % de la population active, soit une augmentation de 0,6 point de population active sur un an.
Note: Les variations d’emploi annuelles sont en glissement sur un an. Les évolutions et le taux de chômages annuels sont en moyenne sur un an.
Sources: Insee, (Enquête emploi pour le chômage, Comptes nationaux trimestriels pour l’emploi), Dares, prévision OFCE avril 2026.
  • 170 000 pertes d’emplois salariés perdus sur deux ans (dont près du quart dû aux politiques de l’emploi)

    • Partiellement compensé par les créations d’emplois non salariés (+130 000)
  • Hausse modérée de la population active (+108 000) — Malgré effet négatif lié à la baisse du taux d’activité des jeunes, moins de contrats aidés, découragement avec retournement du marché du travail…

➡️ \text{ } Taux de chômage à 8,3 % fin 2026 et stable en 2027

4.3 Un déficit en-dessous de 5 % en 2026 mais une dette qui continue à augmenter rapidement

2024 2025 2026 2027
Solde public (= a + b + c - d - f + e)  −5,8  −5,1  −4,8  −4,4
Solde primaire hors mesures temporaires, défense et effet d'activité (a)  −2,9  −2,3  −1,7  −0,8
Nouvelles mesures budgétaires pour la défense (f)

 −0,1  −0,2
Charges d'intérêts (d)   2,1   2,2   2,4   2,6
Mesures d'urgence / relance / energie / inflation (b)  −0,6  −0,3  −0,1   0,0
Effet d'activité (y compris effet d'elasticité) (c)  −0,3  −0,4  −0,6  −0,7
   dont effet lié à l'output gap seul  −0,7  −0,8  −1,0  −1,0
Fonds du plan de relance européen (e)    0,2   0,2   0,1   0,0
Dette publique 112,6 115,6 118,3 119,8
Sources : Textes budgétaires, prévision OFCE avril 2026.


  • Hypothèses (scénario central) : pas de mesures significatives budgétairement liées à la hausse des prix des hydrocarbures

  • Pour 2027, au-delà de la consolidation budgétaire nette : nécessité de compenser l’effort de défense, la montée en charge de la prime d’activité et la suspension de la réforme des retraites (0,2 point de PIB) et la contribution exceptionnelle sur les grandes entreprises (0,2 point de PIB) (voir Madec et alii (2026))

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