Archive pour la catégorie ‘Ofce – le Blog’
Programme de stabilité : la ligne manquante
par Eric Heyer
Le 17 avril dernier, le gouvernement a présenté son Programme de stabilité à l’horizon 2017 pour l’économie française. Pour les deux prochaines années (2013-2014), le gouvernement s’est calé sur les prévisions de la Commission européenne en prévoyant une croissance de 0,1 % en 2013 et 1,2 % en 2014. Notre propos ici n’est pas de revenir sur ces prévisions, qui nous semblent par ailleurs trop optimistes, mais de discuter de l’analyse et des perspectives explicites, mais aussi implicites, pour la France que recèle ce document pour la période 2015-2017. suite…»
« Prêt à taux zéro » : ne prête-t-on qu’aux riches ?
par Pierre Madec
Le 1er janvier 2013 est entrée en vigueur une nouvelle version du prêt à taux zéro (PTZ). Cette dernière, plus restrictive que les précédentes, abaisse les plafonds d’éligibilité et renforce son ciblage sur les logements neufs (et l’ancien HLM). Nous revenons ici sur les possibles conséquences de cette mesure. suite…»
Le cas « chypri-hot » !
par Jérôme Creel
Avant une étude plus approfondie de la crise chypriote, et de ses conséquences sur la zone euro, voici quelques réflexions sur le projet d’accord intervenu ce matin entre la Présidence chypriote et certains bailleurs de fonds.
Ce projet prévoit la faillite d’une banque privée, la Laiki, et la mise à disposition de ses dépôts sécurisés (en deçà de 100 000 euros) auprès d’une autre banque privée, la Bank of Cyprus afin de participer à sa recapitalisation. Dans cette banque, les dépôts au-delà de 100 000 euros seront gelés et convertis en actions. In fine, la Bank of Cyprus devrait pouvoir atteindre un ratio de fonds propres de 9%, conformément à la législation bancaire appliquée dans l’UE. En échange de ces dispositions, auxquelles s’ajoutent des augmentations des taxes sur les revenus du capital et sur les bénéfices des entreprises, les institutions européennes verseront 10 milliards d’euros à Chypre. Les dépôts bancaires garantis selon les règles en vigueur dans l’UE vont le rester, en même temps que la hausse des taxes sur les revenus du capital va réduire la rémunération excessivement attractive des dépôts chypriotes au regard de la moyenne européenne. suite
20 billion euros in reductions on employer payroll taxes on low-wages. But will it create jobs?
By Eric Heyer and Mathieu Plane
Every year the State spends nearly 1 percentage point of GDP, i.e. 20 billion euros, on general reductions in employer payroll taxes on low wages. It is thus legitimate to ask whether a programme like this is effective. A large number of empirical studies have been conducted to try to assess the impact of this measure on employment, and have concluded that it creates between 400,000 and 800,000 jobs.
As these estimates are performed using sector models, they do not take into account all the effects resulting from a policy of reduced social contributions on low wages, and in particular the impact of macroeconomic feedback, i.e. the effect of income gains, competitiveness gains and the financing of the measure. suite…»
Fiscalisation des allocations familiales, est-ce le bon débat ?
Pour une redéfinition du contenu et des contours de la politique familiale
par Hélène Périvier et François de Singly
Le débat s’ouvre à nouveau sur la fiscalisation des allocations familiales. Face au déficit de la branche famille, environ 2,5 milliards d’euros en 2012, cette idée resurgit pour renflouer les caisses qui se vident sous l’effet, notamment, de la crise économique. Le débat oppose souvent une logique comptable visant à combler au plus vite les déficits à une logique conservatrice en matière de politique familiale… Ce post propose une perspective plus large qui dépasse cette approche binaire de la question… suite…»
So far so good …
The euro zone is still in recession. According to Eurostat, GDP fell again in the fourth quarter of 2012 (‑0.6%). This figure, which was below expectations, is the worst quarterly performance in the euro zone since the first quarter of 2009, and it is also the fifth consecutive quarter of a decline in activity. For 2012 as a whole, GDP decreased by 0.5%. This annual figure masks substantial heterogeneity in the zone (Figures 1 and 2), since Germany posted annual growth of 0.9% while for the second consecutive year Greece is likely to suffer a recession of more than 6%. Moreover, taking all the countries together, the growth rate will be lower in 2012 than in 2011, and some countries (Spain and Italy to name but two) will sink deeper into depression. This performance is all the more worrying as several months of renewed optimism had aroused hopes that the euro zone was recovering from the crisis. Were there grounds for such hope? suite…»
Loi de séparation bancaire : symbole politique ou nouveau paradigme économique ?
par Céline Antonin et Vincent Touzé
Imprudence, aléa moral et engrenage systémique ont été les maîtres-mots de la crise bancaire. Mécontents de n’avoir eu d’autre choix que de venir à la rescousse des banques, les gouvernements tentent aujourd’hui de reprendre le contrôle et d’imposer de nouvelles réglementations. La plus emblématique d’entre elles concerne la séparation des activités de marché (trading pour compte propre ou compte de tiers) des autres activités bancaires (dépôts, crédits, conseil stratégique et financier, etc.). L’avantage attendu d’une séparation est une plus grande étanchéité entre les activités. Cette dernière pourrait protéger les épargnants en cas de mauvaises opérations des banques sur les marchés financiers. Le 19 février 2013, le Parlement français a voté une loi de séparation bancaire. Malgré des objectifs initiaux ambitieux, la séparation sera partielle puisque seules les activités financières en compte propre seront filialisées. Concernant moins de 1 % des revenus bancaires, cette mesure a un caractère plutôt symbolique. Toutefois, en inscrivant un principe de séparation dans la loi, l’Etat montre sa volonté d’être un superviseur plus actif. suite…»
A recession is not inevitable
By Marion Cochard, Bruno Ducoudré and Danielle Schweisguth
The cold blast from the autumn forecasts continues with the publication of the European Central Bank’s latest forecasts. Revising its growth outlook for the euro zone downwards (to -0.3% for 2013, against the forecast of 0.9% in September), the ECB in turn is now pointing to the reinforced austerity measures and the growing impact of uncertainty in the financial markets. It is clear that the intensity of the fiscal consolidation is paralyzing growth in the euro zone through the interplay of the fiscal multipliers, while not managing to restore confidence. In this note we show that the recessionary spiral that the euro zone is getting sucked into is not an inevitability. suite…»
A propos des décisions du Conseil constitutionnel du 29 décembre 2012
Dans deux billets complémentaires, Henri Sterdyniak et Guillaume Allègre montrent la fragilité des fondements économiques, juridiques et sociaux des décisions du Conseil constitutionnel. Henri Sterdyniak regrette que celui-ci oublie le rôle désincitatif de la fiscalité et empêche de combattre certains types d’évasion fiscale tandis que Guillaume Allègre souligne, qu’en rappelant que tous les prélèvements progressifs doivent tenir compte de la situation familiale du foyer fiscal, la logique juridique du Conseil ne permet pas de réduire les inégalités salariales et peut conduire à une complexité inutile du système social et fiscal.
Le dilemme de la compétitivité
Par Jean-Luc Gaffard
La compétitivité d’une nation est un sujet complexe. Certains s’insurgent contre le vocable lui-même qui ne saurait s’appliquer à une nation et n’aurait de sens que pour une entreprise. Il est vrai que si une entreprise gagne des parts de marché, elle le fait forcément au détriment de l’entreprise concurrente. Il est non moins vrai que lorsqu’un pays exporte davantage vers un autre, les revenus supplémentaires ainsi gagnés par le premier viendront, pour partie, alimenter une demande au bénéfice du second. Les bénéfices de l’un deviennent la condition des bénéfices de l’autre. Cet aller-retour justifie un commerce international dont la finalité est une meilleure utilisation des ressources de par le monde, dont les bénéfices sont partagés entre tous, voire équitablement partagés. Cette histoire a du sens. Elle signale effectivement que la compétitivité d’une nation n’est pas assimilable à celle d’une entreprise. suite…»




