l'indicateur avancé de l’OFCE pour l'économie française

2013  2012  2011


Fragile embellie - 04/02/13

Les prévisions de l’indicateur avancé n’ont pas changé par rapport à l’évaluation du mois dernier, tablant sur une très faible hausse du PIB au quatrième trimestre 2012 (+0,1 %), et sur un léger mieux au premier trimestre de cette année (+0,2 %) qui s’appuie sur le ralentissement de la dégradation des enquêtes de conjoncture en moyenne depuis quelques mois, en particulier dans l’industrie. Couplée à la meilleure tenue du CAC40 depuis l’été, la contribution de l’enquête industrie redevient positive au début de 2013, mais le climat des affaires dans les autres secteurs, ainsi que la confiance des ménages, pèsent toujours en sens inverse. Au final, les trois quart des variables composant l’indicateur présentent encore des contributions négatives aux prévisions. C’est dire la fragilité de l’embellie au tournant de 2012 et de 2013.

Hervé Péléraux, Département analyse et prévision

 

Graphique 1 : Le taux de croissance du PIB selon les comptes nationaux et selon l’indicateur*

*: l’estimation est réalisée avec une variable muette valant 1au premier trimestre 2009

 

PIB en %, t/t-1 prix chaînés, base 2005

2011 T4

2012 T1

2012 T2

2012 T3

2012 T4

2013 T1

Comptes nationaux

0

0

-0,1

0,1

-

-

Indicateur

-0,2

0

0,2

0,1

0,1

0,2

Sources : INSEE, calculs et prévisions OFCE.

 

Séries historiques

 

 


Frémissements - 11/01/13

Contre toute attente, le PIB français a rebondi au troisième trimestre 2012, mais plus modérément qu’escompté initialement par les comptes nationaux. La croissance de +0,1 % actuellement estimée par l’INSEE, révisée en baisse de 0,1 point après une première évaluation à +0,2 %, s’établit au-dessus de la projection de l’indicateur avancé qui tablait quant à lui sur une stagnation. Semblable « surprise » s’était déjà produite au quatrième trimestre 2011, avec une première estimation de la croissance à 0,2 % également, ramenée maintenant à 0 après les révisions inhérentes au processus de construction des comptes nationaux (voir sur ce point notre étude historique sur les révisions « Oui les comptes nationaux seront révisés après l’élection présidentielle »). Pour cette raison, alors que l’économie de la zone euro traverse une deuxième récession en 4 ans, la singularité française au troisième trimestre n’est peut-être qu’apparente.

Il n’en reste pas moins que la France est moins durement frappée que beaucoup de ses partenaires européens. C’est aussi ce que traduit l’indicateur avancé, dont les prévisions se démarquent de 0 avec un biais positif depuis plusieurs trimestres. Cette situation de quasi-stagnation du PIB devrait perdurer d’ici à la fin de l’année, avec une très faible hausse attendue au quatrième trimestre (+0,1 %). En revanche, une petite amélioration peut être espérée pour le premier trimestre 2013, avec une croissance escomptée de 0,2 % qui repose sur l’extrapolation du léger mieux des enquêtes de conjoncture observé depuis novembre, et de la meilleure tenue du marché boursier.

Hervé Péléraux, Département analyse et prévision

 

Graphique 1 : Le taux de croissance du PIB selon les comptes nationaux et selon l’indicateur*

*: l’estimation est réalisée avec une variable muette valant 1au premier trimestre 2009

 

PIB en %, t/t-1 prix chaînés, base 2005

2011 T4

2012 T1

2012 T2

2012 T3

2012 T4

2013 T1

Comptes nationaux

0

0

-0,1

0,1

-

-

Indicateur

-0,2

0

0,2

0,1

0,1

0,2

Sources : INSEE, calculs et prévisions OFCE.

 

Séries historiques

 


note méthodologique

L’indicateur avancé vise à prévoir le taux de croissance trimestriel du PIB français deux trimestres au-delà des dernières données disponibles. Les composantes de l’indicateur sont sélectionnées parmi les données d’enquête et les données financières, séries rapidement disponibles et non révisées. Les séries mensuelles sont trimestrialisées par moyenne de leurs valeurs mensuelles. La sélection des séries est menée sur une base économétrique en partant des climats des affaires calculés par l’INSEE et résumant les résultats des enquêtes de conjoncture réalisées dans les différents secteurs productifs (industrie, construction, services) et auprès des consommateurs. Trois séries financières sont également significatives, le taux de croissance du taux de change réel de l’euro contre le dollar, le taux de croissance du CAC40 et l’écart entre le taux long (10ans) et le taux court (trois mois). Enfin, le prix du pétrole est aussi intégré dans l’indicateur.

Certaines des composantes sont avancées d’au moins deux trimestres, et peuvent être utilisées comme telles pour prévoir la croissance du PIB. Les autres sont coïncidentes, ou ne sont pas suffisamment avancées pour effectuer une prévision à deux trimestres. Ces séries doivent être prévues, mais sur un horizon de court terme qui n’excède jamais quatre mois. Toutes ces prévisions sont réalisées par des équations mensuelles autorégressives.

L’indicateur avancé est calculé au début de chaque mois, peu après la publication des enquêtes auprès des entreprises et des ménages.

Pour de plus amples informations, contacter Hervé Péléraux

 

observatoire français des conjonctures économiques - centre de recherche en économie de Sciences Po

69 quai d'Orsay  75340  Paris Cedex 07   tél: +33 (0)1 44 18 54 00