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l'indicateur avancé zone euro

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EUROFRAME

L’indicateur Eurocroissance n’envisage pas de renforcement de la croissance dans la zone euro  - 04/05/2016

L’indicateur Eurocroissance, calculé par Euroframe en mai 2016, table sur la poursuite de la croissance modérée du PIB dans la première moitié de 2016. Sur une base trimestrielle, le PIB de la zone euro croîtrait de 0,3 % au cours des deux premiers trimestres de 2016, comme au troisième et au quatrième trimestre 2015. La stabilité des taux de croissance trimestriels pour les deux premiers trimestres de 2016 a pour conséquence le recul du glissement annuel de 1,6 % au quatrième trimestre 2015 à 1,3 et 1,2 %.

Ces résultats sont inchangés par rapport à l’estimation d’avril. L’enquête auprès des ménages est toujours le principal moteur de la croissance. Alors que l’enquête auprès des consommateurs affiche toujours une contribution fortement positive, celle de l’enquête auprès de l’industrie est devenue fortement négative au premier trimestre 2016, mais récupérant la moitié du terrain perdu au deuxième trimestre. Naturellement, la hausse du revenu disponible résultant du bas niveau des taux d’intérêt, du recul de l’inflation et de la hausse de l’emploi fait souffler des vents favorables sur la consommation. Pour ce qui est de l’enquête auprès de l’industrie, qui affecte l’indicateur de manière coïncidente, les turbulences financières à la charnière de 2015 et de 2016 en lien avec l’accroissement de l’incertitude sur les perspectives de croissance en Chine ont retenti sur les anticipations et les contributions.

L’enquête auprès de la construction, qui affecte l’indicateur avec un retard de 5 trimestres, soutient les prévisions au premier trimestre, mais l’effet s’évanouit au deuxième trimestre. L’indicateur est très sensible aux modifications de la compétitivité-prix, appréhendée par le biais du taux de change réel de l’euro contre le dollar avec un retard de deux trimestres. Sa contribution a été néanmoins très modeste depuis le quatrième trimestre 2015.

L’indicateur est passé à côté du regain de croissance de la zone euro à 0,6 % au premier trimestre 2016 publié par Eurostat récemment. Ceci pourrait suggérer une nouvelle modération de la croissance du PIB après le premier trimestre. Selon le modèle, la croissance se tassera au deuxième trimestre si la contribution du climat de confiance dans l’industrie ne s’améliorait pas.

Pour conclure, l’indicateur anticipe toujours une croissance modeste malgré des vents favorables. L’accentuation de l’incertitude sur la croissance chinoise, le Brexit et l’inclination de la zone euro vers la déflation ont contrebalancé les facteurs positifs et font toujours peser un risque sur la croissance.

Paavo Suni, The Research Institute of the Finnish Economy, ETLA, pour Euroframe

 

En %, t/t-4

2015 T1

2015 T2

2015 T3

2015 T4

2016 T1

2016 T2

Eurostat

+1,3

+1,6

+1,6

+1,6

-

-

Indicateur

+1,2

+1,9

+2,0

+1,9

+1,3

+1,2

 

En %, t/t-1

2014 T4

2015T1

2015 T2

2015 T3

2015 T4

2016 T1

Eurostat

+0,6

+0,4

+0,3

+0,3

-

-

Indicateur

+0,4

+0,6

+0,7

+0,6

+0,3

+0,3

 

 

Séries historiques

 

 


Sentier de croissance modéré en zone euro - 05/04/2016

La croissance en zone euro se poursuit à un rythme stable mais modéré dans la première moitié de 2016, selon l’estimation d’avril de l’indicateur Eurocroissance calculé par Euroframe. L’indicateur anticipe une croissance de +0,3 % tant au premier qu’au deuxième trimestre de cette année, identique à celle publiée par Eurostat pour le troisième et le quatrième trimestre 2015. Ces prévisions sont inchangées par rapport à celles de mars. Reflétant la sobriété du sentier d’expansion, la croissance en glissement annuel devrait ralentir, de +1,6 % à la fin de l’année dernière à +1,2 % au deuxième trimestre 2016.

Le principal déterminant de la croissance est la consommation privée avec une contribution fortement positive de l’enquête auprès des ménages. Dans le même temps, la croissance au premier trimestre est freinée par une nette détérioration de la confiance dans l’industrie au début de l’année. La contribution négative de cette composante demeure au deuxième trimestre, bien qu’à un degré moindre. La contribution positive du taux de change réel de l’euro contre le dollar (retardée de deux trimestres), qui avait stimulé l’indicateur jusqu’à la fin 2015, a disparu au premier trimestre et ne se redressera que très légèrement au deuxième trimestre. L’estimation de la croissance du PIB au deuxième trimestre reste stable à +0,3 % dès lors que la stimulation assise sur le moindre freinage de l’industrie et le léger redressement de l’effet taux de change est compensé par la moindre contribution de la confiance des ménages et une chute de la contribution de l’enquête auprès de la construction qui entre dans l’indicateur avec un long délai de 15 mois.

En résumé, l’économie de la zone euro semble rester sur sa trajectoire de croissance molle. Les facteurs de soutien tels que le pétrole bon marché – reflété principalement dans la robustesse de la confiance des consommateurs – sont contrebalancés par des facteurs négatifs, comme l’incertitude sur les perspectives de l’économie mondiale, particulièrement les marchés émergents, et les impondérables hérités de la crise de l’euro.

Klaus-Jürgen Gern, Kiel Institute for the World Economy, pour Euroframe

 

En %, t/t-4

2015 T1

2015 T2

2015 T3

2015 T4

2016 T1

2016 T2

Eurostat

+1,3

+1,6

+1,6

+1,6

-

-

Indicateur

+1,2

+1,9

+2,0

+1,9

+1,3

+1,2

 

En %, t/t-1

2014 T4

2015T1

2015 T2

2015 T3

2015 T4

2016 T1

Eurostat

+0,6

+0,4

+0,3

+0,3

-

-

Indicateur

+0,4

+0,6

+0,7

+0,6

+0,3

+0,3

 

 

Séries historiques

 

 


Un affaiblissement du sentier de croissance dans la zone euro  - 08/03/2016

Selon l’indicateur EUROCROISSANCE, calculé par EUROFRAME en mars 2016, la croissance de la zone euro devrait rester modérée durant la première moitié de 2016. L’indicateur estime la croissance à 0,3 % au premier et au deuxième trimestre 2016, après des chiffres similaires dans la deuxième moitié de 2015 selon les estimations officielles d’Eurostat. Les perspectives pour le premier trimestre 2016 ont été significativement révisées en baisse (-0,2 point) par rapport à l’estimation de février (+0,5 %). La première évaluation pour le deuxième trimestre ne montre aucun changement du sentier de croissance par rapport aux précédents trimestres. Converties en glissement annuel, ces prévisions sous-tendent un essoufflement de l’élan, de 1,5 % au quatrième trimestre 2015 à 1,1 % au deuxième trimestre 2016.

La révision en baisse des perspectives de croissance au début de 2016 reflète principalement l’altération de la confiance dans l’industrie qui affecte l’indicateur de manière coïncidente. Alors qu’une certaine amélioration s’était vue jusqu’au dernier trimestre 2015, les entreprises sont devenues plus pessimistes en février. En conséquence, la contribution de l’enquête auprès de l’industrie est devenue négative au premier trimestre 2016, dégradant les prévisions de croissance au premier trimestre. Les autres composantes de l’indicateur se sont peu modifiées depuis le mois dernier. La contribution positive du taux de change réel de l’euro contre le dollar jusqu’à l’été 2015, qui a capté avec un retard de deux trimestres l’effet compétitivité favorable de la dépréciation de l’euro dans la seconde moitié de 2014 et au début de 2015, est revenue à 0 depuis le dernier trimestre 2015 et le restera jusqu’à la mi-2016. Ceci reflète la stabilisation du taux de change de l’euro autour de 1,1 dollar depuis le premier trimestre 2015. La contribution positive de l’enquête auprès de la construction témoigne de la meilleure situation du secteur depuis un an. Mais cet effet paraît très fragile dès lors qu’il ne devrait pas perdurer au deuxième trimestre. La seule composante de l’indicateur qui reste solide est l’enquête auprès des consommateurs, particulièrement la composante « intentions de gros achats dans les 12 mois », qui augure d’une bonne tenue de la consommation, tirée par la baisse du chômage depuis le début de 2013 et la nouvelle chute des prix de l’énergie depuis l’été 2015.

En résumé, la performance de l’économie de la zone euro a été plutôt décevante ces derniers trimestres. L’indicateur Eurocroissance, qui reflète principalement l’évolution des indicateurs de confiance, a surestimé la croissance effective du PIB qui sa décéléré tout au long de 2015 après un bon début au premier trimestre. Et les perspectives ne sont plus aussi claires que ces derniers mois. Les prévisions actuelles impliquent que l’économie de la zone euro ne va pas gagner d’élan à court terme. Au contraire, les risques se sont accrus, en lien avec l’incertitude sur les perspectives de croissance des pays émergents et les craintes d’une nouvelle crise financière éprouvées par les marchés financiers au début de 2016. Dans ce contexte, la dégradation récente de l’indicateur de sentiment dans l’industrie est un signal inquiétant.

Hervé Péléraux, OFCE, pour Euroframe

 

En %, t/t-4

2015 T1

2015 T2

2015 T3

2015 T4

2016 T1

2016 T2

Eurostat

+1,3

+1,6

+1,6

+1,5

-

-

Indicateur

+1,1

+1,8

+2,0

+1,9

+1,3

+1,1

 

En %, t/t-1

2014 T4

2015T1

2015 T2

2015 T3

2015 T4

2016 T1

Eurostat

+0,5

+0,4

+0,3

+0,3

-

-

Indicateur

+0,4

+0,6

+0,6

+0,6

+0,3

+0,3

 

 

Séries historiques

 

 


La croissance reste dynamique malgré l’instabilité sur les marchés financiers - 04/02/2015

La croissance dans la zone euro devrait être plutôt forte au cours des trimestres de l’hiver 2015-2016, selon l’indicateur EUROCROISSANCE calculé par EUROFRAME en février 2016. Après 10 trimestres d’expansion lente jusqu’au troisième trimestre 2015, l’indicateur table sur une croissance de +0,6 % au quatrième trimestre 2015. Cette estimation est révisée en baisse de -0,1 point par rapport à celle de janvier, tandis que celle du 1er trimestre 2016 est inchangée à +0,5 %. En glissement annuel, les taux de croissance anticipés sont de +1,9 et +1,8 % respectivement.

Cette croissance plutôt forte s’appuie sur le renforcement de l’effet des enquêtes auprès des consommateurs et de la construction, qui affectent l’indicateur avec des retards respectifs de 1 et 5 trimestres. Leur contribution est voisine de celle du mois dernier. La consommation a profité de forts vents favorables portés par la hausse du revenu disponible grâce à la baisse des prix de l’énergie et à la hausse de l’emploi.

L’enquête auprès de l’industrie affecte l’indicateur de manière coïncidente et avec un poids plutôt élevé. Son effet sur la prévision à un trimestre est basé sur une estimation qui rend sa contribution plus sensible aux nouvelles informations que les autres composantes de l’indicateur. La lente amélioration de la contribution de l’enquête industrielle s’est interrompue pour s’inverser au premier trimestre 2016, sous l’effet probable du retour des turbulences sur les marchés financiers au début de l’année en lien avec la détérioration des perspectives de l’économie chinoise.

L’indicateur capte la compétitivité-prix par le biais du taux de change réel de l’euro contre le dollar avec un retard de 2 trimestres. Il en résulte que l’affaiblissement de l’euro entre le printemps 2014 et le printemps 2015 a dopé la croissance de la zone jusqu’au 3ième trimestre 2015. Mais cet effet s’est évanoui avec la relative stabilisation du taux de change.

Les prévisions de croissance plutôt fortes, d’une manière générale, sont portées par l’anticipation d’un assouplissement supplémentaire de la politique monétaire, déjà accommodante, une politique budgétaire moins restrictive et des prix de l’énergie toujours bas.

En résumé, l’indicateur EUROCROISSANCE prévoit une croissance de la zone euro plutôt solide à l’hiver 2015-2016 en dépit des récentes turbulences sur les marchés financiers, en lien avec l’incertitude sur les perspectives de croissance en Chine. Néanmoins, la contribution estimée de l’enquête auprès de l’industrie au 1er trimestre peut surestimer son impact réel sur la croissance du PIB.

Paavo Suni, The Research Institute of the Finnish Economy, ETLA, pour Euroframe

 

En %, t/t-4

2014 T4

2015 T1

2015 T2

2015 T3

2015 T4

2016 T1

Eurostat

+0,9

+1,3

+1,6

+1,6

-

-

Indicateur

+0,9

+1,2

+1,8

+2,0

+1,9

+1,8

 

En %, t/t-1

2014 T4

2015T1

2015 T2

2015 T3

2015 T4

2016 T1

Eurostat

+0,4

+0,5

+0,4

+0,3

-

-

Indicateur

+0,3

+0,4

+0,6

+0,7

+0,6

+0,5

 

 

Séries historiques

 

 


La montée des risques n’entame pas significativement les perspectives de croissance de la zone euro pour le moment  - 13/01/16

Selon l’indicateur EUROCROISSANCE calculé par EUROFRAME en janvier 2016, la croissance du PIB dans la zone euro sera plutôt soutenue au tournant de 2015 et de 2016. Les taux de croissance trimestriels anticipés sont inchangés par rapport à l’estimation de décembre dernier, à savoir +0,7 % au quatrième trimestre 2015 et +0,5 % au premier trimestre 2016. En glissement annuel, la croissance du PIB atteindrait 1,9 %, ce qui implique toutefois une accélération par rapport au 1,6 % actuellement estimé par EUROSTAT pour le troisième trimestre 2015.

Alors que la croissance escomptée reste soutenue, ses déterminants ont changé. L’impact positif du taux de change réel de l’euro contre le dollar a culminé durant l’été, témoignant des gains de compétitivité de la zone euro après sa dépréciation marquée à la fin de 2014 et au début de 2015. Mais cet effet arrive à terme : la stabilisation du taux de change autour de 1,1 dollar pour 1 euro depuis le premier trimestre 2015 va ramener sa contribution à 0 au tournant de 2015 et de 2016. Au contraire, la contribution de l’enquête auprès de la construction devrait redevenir positive au quatrième trimestre 2015 et au premier trimestre 2016, reflétant l’amélioration de l’activité dans le secteur depuis un an. Dans le même temps, la contribution de l’enquête auprès des consommateurs demeure à niveau élevé, comme au cours de ces derniers trimestres, soutenue à la fois par la baisse continue du taux de chômage depuis le début de 2013 et par la nouvelle chute des prix de l’énergie depuis l’été 2015. Cependant, l’enquête auprès de l’industrie affiche toujours une contribution positive aux prévisions au quatrième trimestre 2015, mais cet effet devrait disparaître au début de 2016 ce qui explique la décélération anticipée de la croissance au premier trimestre.

En résumé, aucune des composantes de l’indicateur ne signale de décélération significative de la croissance de la zone euro à court terme. Les facteurs positifs qui ont porté la reprise jusqu’à maintenant restent actifs, comme la forte stimulation monétaire de la BCE et le bas niveau des taux d’intérêt ainsi que la faiblesse de l’euro qui en ont résulté, l’énergie bon marché et la politique budgétaire moins restrictive. Cependant, les risques négatifs dans les pays émergents se sont accrus, notamment en Chine, ce qui peut remettre en cause les perspectives de demande extérieure. De plus, les attaques terroristes de Paris en novembre dernier ont ravivé les craintes sécuritaires dans beaucoup de pays européens. Mais pour l’instant, les indicateurs de confiance n’ont pas été affectés par la montée des dangers.

Hervé Péléraux, OFCE, pour Euroframe

 

En %, t/t-4

2014 T4

2015 T1

2015 T2

2015 T3

2015 T4

2016 T1

Eurostat

+0,9

+1,3

+1,6

+1,6

-

-

Indicateur

+0,9

+1,2

+1,8

+2,0

+1,9

+1,9

 

En %, t/t-1

2014 T4

2015T1

2015 T2

2015 T3

2015 T4

2016 T1

Eurostat

+0,4

+0,5

+0,4

+0,3

-

-

Indicateur

+0,3

+0,4

+0,6

+0,7

+0,7

+0,5

 

 

Séries historiques

 

 



Note méthodologique

L’indicateur Eurocroissance vise à prévoir le taux de croissance trimestriel du PIB de la zone euro deux trimestres au-delà des dernières données disponibles. Les composantes de l’indicateur sont sélectionnées parmi les données d’enquête et les données financières, séries rapidement disponibles et non révisées. Les séries mensuelles sont trimestrialisées par moyenne de leurs valeurs mensuelles. La sélection des séries est menée sur une base économétrique en partant des enquêtes réalisées par la Commission européenne auprès des entreprises et des ménages : industrie, construction, commerce de détail, services et consommateurs. De ce vaste ensemble de données, seules sont extraites quelques séries provenant de l’enquête industrie (tendance passée et prévue de la production), de l’enquête construction (indicateur de confiance) et de l’enquête ménages (gros achats). Deux séries financières sont également significatives, le taux de croissance du taux de change réel de l’euro contre le dollar et un indice boursier concernant la zone euro.

Certaines des composantes sont avancées d’au moins deux trimestres, et peuvent être utilisées comme telles pour prévoir la croissance du PIB. Les autres sont coïncidentes, ou ne sont pas suffisamment avancées pour effectuer une prévision à deux trimestres. Ces séries doivent être prévues, mais sur un horizon de court terme qui n’excède jamais quatre mois. Toutes ces prévisions sont réalisées par des équations mensuelles autorégressives.

L’indicateur Eurocroissance est calculé chaque mois, peu après la publication des enquêtes auprès des entreprises et des ménages.

Pour de plus amples informations, contacter Hervé Péléraux

 

observatoire français des conjonctures économiques - centre de recherche en économie de Sciences Po

69 quai d'Orsay  75340  Paris Cedex 07   tél: +33 (0)1 44 18 54 00