Le niveau du PIB est plus important que son taux de croissance

par Éric Heyer

Le 27 janvier 2021, auditionné par la Commission des finances du Sénat, le ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, a indiqué que le scénario d’une croissance à 6 % en 2021, hypothèse retenue pour le budget 2021, « n’est plus le plus probable » et qu’« il s’éloigne à mesure que la situation sanitaire reste préoccupante ».

Si envisager une révision à la baisse de la croissance constitue une mauvaise nouvelle en soi, il convient toutefois de la relativiser.

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Espagne : derrière la crise économique et sociale, des opportunités à saisir

par Christine Rifflart

Marquée par une crise sanitaire que les autorités peinent à contrôler et une récession économique en 2020 qui apparaît comme l’une des plus violentes au niveau mondial (le PIB a chuté de 11 % sur l’année selon l’INE), l’Espagne est durement frappée par la crise de la Covid-19[1]. Le taux de chômage a atteint 16,1 % à la fin de l’année dernière, soit une hausse de 2,3 points sur un an malgré la mise en place des mesures d’activité partielle. Le déficit public pourrait dépasser 10 % du PIB en 2020 et la dette publique s’approcher de 120 % selon les prévisions de janvier 2021 de la Banque d’Espagne. L’Europe a mis en place des plans de soutien de grande ampleur aux pays sinistrés, et à ce titre l’Espagne sera le pays le plus aidé au niveau communautaire puisqu’il bénéficiera d’au moins 140 milliards d’euros dont 80 (soit 6,4 % du PIB 2019) sous forme de transferts directs à travers le programme NextGenerationEU. Cette aide intervient dans un contexte politique particulier, marqué par les aspirations progressistes d’un gouvernement de coalition (PSOE-Unidas Podemos) en place depuis tout juste un an et qui jusqu’à aujourd’hui continue d’afficher sa solidité. Les engagements pris en décembre 2019 entre les 2 partis dans un document conjoint ‘Coalicion Progresista – Un nuevo acuerdo para Espanasont aujourd’hui inscrits dans le plan de relance envoyé à la Commission tandis que les premières mesures des réformes annoncées figurent dans le budget 2021. Derrière une situation sanitaire et économique difficile, le gouvernement espagnol pourrait donc saisir l’opportunité de cette crise pour restructurer le pays en profondeur en bénéficiant des fonds européens et faire passer certaines des réformes sociales annoncées dans le Pacte PSOE-UP. Il faut dire que les besoins sont importants. En 2018, le taux de pauvreté était de 19,3 % chez les jeunes et 10,2 % chez les plus de 65 ans (contre respectivement 11,7 % et 4,2 % en France). En dépit d’une croissance proche de 3 % l’an en moyenne sur la période 2015-2019, le taux de chômage est resté à un niveau très élevé (14,1 % en 2019) et la productivité du travail reste inférieure de près de 25 % à celle de la France. Les disparités régionales sont très marquées et l’investissement, notamment public, insuffisant. Un nouveau tournant pourrait être amorcé en Espagne au cours des prochaines années. Les mesures annoncées répondent aux aspirations ambitieuses du gouvernement en matière de croissance, d’emploi et d‘équité sociale. Le risque est probablement davantage du côté de la solidité du gouvernement et de sa capacité politique à la mettre en œuvre.

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Chine : la course en tête…

par Catherine Mathieu

Le 23 janvier 2020, le gouvernement chinois décidait de confiner la ville de Wuhan (11 millions d’habitants), où était apparu le premier foyer du coronavirus. Afin d’endiguer la progression de l’épidémie, des mesures de restriction drastique des déplacements étaient mises en place dans la foulée, d’abord dans la province de Hubei puis au-delà (confinement des villes de la province de Hubei, interdiction des déplacements interurbains, prolongation de la fermeture des usines à la fin des vacances du nouvel an chinois, fermeture des frontières extérieures puis quarantaine stricte pour les Chinois rentrant de l’étranger).

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Quel rebond de l’emploi en 2021 ?

par Bruno Ducoudré et Eric Heyer

Fin 2021, selon nos dernières prévisions, l’activité en France devrait être inférieure de 1,4% par rapport à son niveau atteint fin 2019, soit près de 5% en dessous de son niveau potentiel. Ce retard de production aurait dû se traduire par des destructions d’emplois vertigineuses de plus d’1 million fin 2021 par rapport à fin 2019. Par ailleurs, compte tenu de la hausse tendancielle de la population active prévue par l’Insee, l’augmentation du chômage aurait dû être de près de 1,2 million fin 2021. Nos prévisions décrivent pourtant un marché du travail moins dégradé : explications.  

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Le parachute du renflouement public au secours d’un secteur aérien en chute libre

par Marc-Antoine Faure et Sarah Guillou

Le 16 mars 2020, le Conseil scientifique préconise d’arrêter toutes les activités qui ne sont pas « strictement nécessaires à la vie de la Nation »[1]. Le même jour le Président Emmanuel Macron restreint la mobilité des personnes : fermeture des frontières de l’espace Schengen, suspension des voyages avec les pays hors d’Europe, interdiction des regroupements non nécessaires ; c’est le début du « confinement », un coup d’arrêt net pour le transport aérien, déjà ralenti par les différentes décisions des pays touchés avant la France. Le 31 mars, l’aéroport d’Orly suspend la totalité de ses vols. L’ensemble des vols résiduels sont alors concentrés sur l’aéroport Paris-Charles de Gaulle. Il faut attendre le 26 juin 2020 pour qu’un avion décolle de nouveau d’Orly.

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L’aide exceptionnelle de solidarité a-t-elle permis de couvrir les coûts du confinement pour les familles?

Par Muriel Pucci, Hélène Périvier et Guillaume Allègre

Les mesures de confinement prises pour lutter contre la diffusion du virus de la covid-19 ont eu des répercussions à la fois sur l’activité des parents et leurs revenus, sur la scolarisation des enfants, et sur les coûts supportés par les familles. Ainsi, selon la situation professionnelle et familiale, certains parents ont télétravaillé, d’autres ont été mis au chômage partiel par leur employeur, d’autres encore ont pu bénéficier du dispositif d’indemnisation de l’arrêt d’activité pour garde d’enfant et une dernière catégorie de parents ont perdu leur emploi (voir le Policy brief OFCE n°65[1]). Seuls les premiers ont conservé leur salaire mais ils ont dû concilier à domicile les exigences de leur employeur et le temps à consacrer à leurs enfants, notamment sur le plan pédagogique. Les deux catégories suivantes ont bénéficié d’un maintien partiel de leur rémunération, le maintien était intégral pour ceux dont le salaire horaire est au niveau du smic. Enfin, les parents ayant perdu leur emploi, ont accédé au chômage indemnisé (allocation d’aide au retour à l’emploi, ARE) ou non en fonction de leur situation au regard de l’assurance chômage.

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L’emploi des femmes et des hommes pendant la période de confinement du 17 mars au 10 mai 2020

Bruno Ducoudré et Hélène Périvier

Les mesures prises pour lutter contre la diffusion du virus de la covid-19, fermetures administratives des commerces non essentiels, fermeture des écoles et des modes d’accueil des jeunes enfants notamment, confinement de la population du 17 mars au 10 mai 2020, ont limité les possibilités de travailler pour de nombreuses personnes. Selon le secteur d’activité et le poste occupé, certaines ont pu télétravailler, d’autres ont été prises en charge par le dispositif d’activité partielle, les fonctionnaires et assimilés étant couverts pas une autorisation spéciale d’absence. Le confinement a fortement affecté l’activité et conduit à des destructions d’emplois. L’OFCE a produit plusieurs évaluations portant sur les conséquences économiques et sociales de la période de confinement, en particulier sur l’emploi (voir Policy Brief, n°67). En mobilisant la même méthode, nous précisons ici l’effet différencié attendu sur l’emploi des femmes et des hommes. En effet, la ségrégation sexuée du marché du travail par secteur et selon les professions implique que les femmes et les hommes n’ont pas été dans des situations similaires durant la période de confinement. Les femmes sont légèrement sur-représentées parmi les personnes pouvant potentiellement télétravailler (55,7 %). Au total, 38 % des femmes actives occupées occupent un poste pour lequel le télétravail serait possible contre 28 % des hommes. Les femmes ont dans le même temps continué à assumer la plus grande partie des tâches familiales et domestiques accrues durant cette période (Lambert et al., 2020[1]), combinant télétravail et éducation des enfants.

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Premier entré, premier sorti : le retour de la croissance en Chine au deuxième trimestre

Catherine Mathieu

Le 16 juillet, l’Institut statistique chinois (NBS) a publié la première estimation de la croissance du PIB chinois au deuxième trimestre 2020 : celui-ci est en hausse de 11,5 % par rapport au trimestre précédent, après -10 % au premier trimestre. La Chine, premier pays à avoir été frappé par le Coronavirus, avait mis en place des mesures de confinement d’une partie de sa population et de fermeture des commerces et des usines à partir de la fin janvier. Les indicateurs conjoncturels suggéraient un redémarrage progressif de l’activité à partir de la fin février et le retour à une croissance positive du PIB dès le deuxième trimestre. L’inconnue résidait dans l’ampleur de ce rebond, qui s’avère rapide.

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La crise du tourisme : c’est aussi une question de confiance

par Christine Rifflart

À l’heure où les pays se déconfinent et rouvrent leurs frontières[1], les professionnels du tourisme attendent le retour des visiteurs avec impatience et inquiétude. Les mois d’été affichent traditionnellement une activité record dans les secteurs de l’hôtellerie, la restauration, les transports, les loisirs, toutes ces activités de services ont gravement été impactées par les fermetures administratives et les mesures de confinement adoptées pendant les semaines passées. Aujourd’hui, la crise de la Covid-19 n’est toujours pas finie et la prudence domine dans les comportements. Les déplacements à l’étranger sont en grande partie différés, les vacanciers préférant rester dans leur pays. Dès lors, les recettes issues des visiteurs[2] étrangers ne rentreront pas ou peu cette année, mais les dépenses habituellement réalisées à l’étranger pourraient être réalisées dans le pays de résidence.

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Quel impact du confinement et de son intensité sur la croissance ?

Sabine Le Bayon et Hervé Péléraux [1]

Depuis la prise de conscience fin février dernier de la diffusion de l’épidémie de coronavirus hors de Chine, foyer initial de la pandémie, et la mise en place courant mars de politiques de confinement des populations dans le monde, le paradigme conjoncturel a radicalement changé avec des PIB attendus en forte baisse durant l’année 2020. Concernant le premier trimestre 2020, pour lequel une première estimation des comptes nationaux est disponible, et même si des révisions plus importantes que d’habitude sont à attendre, la croissance de l’activité économique paraît pouvoir être rapprochée des mesures de restriction de l’activité prises au cours de la même période.

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